enter image description here Le lancement officiel de la campagne électorale provinciale approche à grands pas. Les partis affûtent leurs sabres et dévoilent petit à petit les grands thèmes qui les transporteront au 1er octobre. C’est Québec Solidaire qui, aujourd’hui, dévoilait son slogan et son identité visuelle. Le parti de Gabriel « Bolchévique » Nadeau-Dubois et de Manon « Pogo dégelé » Massé a choisi le camp du populisme de gauche. Populaires! Voilà ce que Québec Solidaire criera à tue tête pendant plus d’un mois, à défaut de l’être réellement.

Il faut donner le crédit au parti chouchou chéri de la gauche métropolitaine éduquée d’avoir été le premier acteur politique québécois à jouer avec force et sans aucune gêne la carte du populisme. Il faut dire que le jeu est fort bien pensé si l’on considère le caractère et l’attitude de la porte-parole Massé. Voilà une femme qui, à chaque occasion, s’exprime sans jamais se camoufler derrière d’inhabiles et imbuvables circonlocutions. À preuve, ses déclarations du jour, qui donnent le ton de la campagne à venir.

« On va mener une campagne rock and roll! Je n’ai jamais aimé les slogans, mais celui-là, je l’ai tatoué sur le coeur. »

Yessir Miller!

On promet une campagne axée autour du « vrai changement » et qui s’attaquera aux « vrais problèmes des gens. »

Ici, du point de vue de la mise en marché du produit politique, QS coupe littéralement l’herbe sous le pied de la Coalition Avenir Québec, parti qui aurait dû, en toute cohérence avec l’image qu’il tente de projeter depuis des années maintenant, adopter le ton des « vraies affaires » et du « vrai changement » pour le « vrai monde ». Il faut croire que les stratèges politiques et que les spécialistes en image de la CAQ n’ont pas eu le flair qu’il fallait.

Le bât blesse quand même dans tout ce scénario populiste des solidaires. Mis à part le franc parlé remarquable de Manon « Faubourg à m’lasse » Massé dans lequel se reconnaîtront bon nombre de Québécois, l’image de QS comme parti du « vrai monde » ne résiste pas à un examen approfondi de ses positions.

Passons outre le fait que, hors de la zone Bixi, sa popularité réelle dépasse rarement les 10%.

Les positions de Québec Solidaire sont typiques de celles de libéraux sociaux progressistes du 21e siècle. Cela est particulièrement évident lorsqu’on étudie le programme du parti disponible sur son site internet et que l’on s’attarde à sa posture quant à la question nationale.

Ainsi, on comprend que le droit d’un peuple à disposer de lui-même que QS se targue de mettre au pinacle de ses préoccupations n’est bon, pour le Québec, que s’il s’inscrit dans une perspective « inclusive ». L’indépendance pour elle-même et pour la survie d’un Québec francophone dans le monde ne suffit pas. La citoyenneté québécoise est affaire « d’adhésion volontaire à la communauté politique québécoise ». Derrière ces simples mots se cache pourtant une effrayante négation de citoyenneté. Le peuple d’accueil a le droit de choisir ses nouveaux membres, sans quoi la valeur de sa citoyenneté devient nulle.

Lorsqu’on prétend, comme Québec Solidaire, vouloir travailler pour son peuple, on ne lui retire pas le droit, dès lors qu’il est devenu souverain, d’admettre et de rejeter les nouveaux arrivants qu’il veut et d’établir des critères serrés d’exclusion.

De même pour le droit de ce peuple à s’armer, ne serait-ce que pour défendre ses frontières et prendre sa place sur l’échiquier géopolitique mondial. Les positions de QS à cet égard sont plutôt sibyllines. Toutefois, à voir l’insistance de leur programme sur l’importance de la non-violence et le rejet de la militarisation, on voit mal ce parti prendre « le vrai monde » assez au sérieux pour considérer lui donner les moyens de se défendre.

QS, le parti du peuple? Le parti des citoyens du monde qui posent des questions en anglais à l’Assemblée Nationale pour ne pas oppresser la pauvre minorité anglophone de Westmount, certes, mais pas du peuple d’ici qui ne demande qu’à rester lui-même et à avoir le droit de décider librement de son destin, même si celui-ci n’entre pas dans la pensée unique libérale-libertaire chère à la bourgeoisie cosmopolite du 21e siècle.