enter image description here Celui qui prétendra qu’il est faux de dire que l’élite gauchiste n’est pas, de nos jours, en parfaite phase avec l’idéologie de la consommation de masse et de l’annihilation des richesses culturelles du monde devra se lever tôt pour me contredire après avoir écouté ceci.

« Ceci », c’est la chroniqueuse du Devoir Aurélie Lanctôt, désignée par Catherine Perrin comme une journaliste, qui, pendant plus de 15 minutes sur les ondes de Radio-Canada Première, nous dresse un portrait admiratif de l’ex-danseuse nue maintenant devenue reine du hiphop Cardi B, la décrivant comme une extraordinaire militante progressiste démocrate, à l’avant-garde de la pensée politique du 21ième siècle.

Cardi B, c’est, apparemment, l’apothéose de l’artiste engagée. Féministe, libre, émancipée. Voici sa poésie.

Look, my bitches all bad, my niggas all real I ride on his dick, in some big tall heels Big fat checks, big large bills Front, I’ll flip like ten cartwheels Cold ass bitch, I give broads chills Ten different looks and my looks all kill I kiss him in the mouth, I feel all grills He eat in the car, that’s meals on wheels (Woo!)

I was born to flex (Yes) Diamonds on my neck I like boardin’ jets, I like mornin’ sex (Woo!) But nothing in this world that I like more than checks (Money) All I really wanna see is the (Money) I don’t really need the D, I need the (Money) All a bad bitch need is the (Money) I got bands in the coupe (Coupe) Bustin’ out the roof I got bands in the coupe (Coupe) Touch me, I’ll shoot (Bow) Shake a little ass (Money) You get a little bag and take it to the store (Store, money) Get a little cash (Money) You shake it real fast, you get a little more (Money) I got bands in the coupe (Coupe) Bustin’ out the roof I got bands in the coupe (Brrr) Bustin’ out the roof (Cardi)

Entendre l’admiration benoîte de l’essayiste militante qui a écrit « Les libéraux n’aiment pas les femmes » face à ce produit culturel de consommation de masse, ça ne s’invente pas!

Cardi B et la décadence de la gauche libérale-libertaire

Non, Cardi B n’est pas un grand esprit politique qui défonce les tabous de notre temps. Elle est un produit de consommation humain, qui s’est viandifié en tant que stripteaseuse alors qu’elle fréquentait la racaille des gangs de rue du Bronx, et qui, maintenant, se viandifie tout autant dans l’industrie de la musique uniformisée à tendance tribale, sans aucune richesse harmonique ou mélodique. La différence? Elle fait maintenant la une des magazines à potin, a des millions d’abonnés Instagram et publie des tirades pseudo-progressistes servant à alimenter la pâmoison niaise de certains gauchistes et le portefeuille de quelques gros magnas du Walmart culturel américain.

Je n’ai rien contre elle, ni d’ailleurs contre sa musique, que par ailleurs j’abhorre absolument. Sa vie était probablement absolument misérable avant son accession à la célébrité.

Non.

Ce qui frappe ici, c’est de voir apparaître, dans la plus brillante des lumières du jour, l’alliance objective des élites de gauche socio-culturelle et de droite économique, communiant à l’autel de l’hyperlibéralisme et de ce qu’il produit de plus pernicieux : l’uniformisation des esprits via la diffusion massive d’une culture ayant perdu toute profondeur, d’une économie mettant l’humain à son service plutôt que l’inverse.