Retour sur la Vague Bleue

Samedi dernier, à Trois-Rivières, se sont tenues deux manifestations. La première, appelée « Vague Bleue », constituée de cent vingt-cinq personnes brandissant drapeaux fleurdelisés, fanions patriotes et autres symboles nationaux du Québec, ont investi le centre-ville de la capitale de la Mauricie afin d’appuyer publiquement la loi 21 sur la laïcité de l’État du gouvernement Legault et de réclamer l’écriture d’une constitution citoyenne pour le Québec. Parallèlement, le collectif TRès Inclusif tenait une contre-manifestation, dont le but avoué était de « briser la vague ». En sous texte de l’événement, il s’agissait de combattre le racisme et la xénophobie qu’on accole désormais automatiquement à ceux qui osent défendre publiquement autre chose que la doctrine multiculturelle canadienne, l’idéologie diversitaire et le gauchisme culturel.

Unanimement, les médias ont relayé l’événement trifluvien en présentant la « Vague Bleue » comme un mouvement ultranationaliste, carrément raciste, aux relents pestilentiels. La manifestation « TRès inclusive », dont le but avoué de certains manifestants masqués, pareils à des casseurs antifascistes métropolitains ou autres anarchistes black blocs, était pourtant l’affrontement physique, est pendant ce temps traitée avec force complaisance par les mêmes médias qui, sans l’encenser, en parlent comme de l’externalité normale d’une manifestation « haineuse ». Les méchants ultranationalistes racistes ont, en d’autres termes, couru après. N’ont-ils pas dans le passé, selon les mêmes sources médiatiques et leur ton apocalyptique, visé un café de Trois-Rivières, c’est-à-dire placé sur un de ses murs extérieurs deux affiches invitant à la manifestation du 27 juillet?

Conditionnés à s’extrémiser

S’il apparaît clair que certains membres de la « Vague Bleue » ont des accointances avec La Meute ou Storm Alliance, peut-on qualifier de journaliste honnête quiconque couvre l’événement entier sous l’angle de ses biais négatifs envers ces groupes? Peut-on qualifier de média honnête celui qui, systématiquement dans le titre de ses articles, associe le nationalisme au racisme, à la xénophobie, à l’extrême-droite?

Comment, pour un patriote Québécois doté d’une colonne vertébrale et de raison politique, rester là béat, immobile, sans rien dire devant cette déferlante informative javellisée à la morale hyperlibérale qui, jour après jour, s’il ose appuyer son gouvernement national et des idées plus conservatrices ou populistes, le qualifie par association de pestiféré à chemise brune?

Comment ne pas s’extrémiser? Comment se surprendre qu’au sein des mouvements citoyens patriotes se trouvent de plus en plus de gens en colère, emportés, prêts à en découdre? Doit-on, pour ceux qui restent, donner raison aux curés de l’empire du Bien hyperlibéral et diversitaire qui sévissent à grande échelle dans les universités et les médias? Faut-il plier devant eux l’échine comme le garnement devant un professeur, et reconnaître que le Bien est, effectivement, de leur côté? Difficile pour un patriote normalement constitué de se résoudre à pareille humiliation.

On traite sans cesse, au Québec, l’extrême-gauche avec complaisance, disais-je précédemment. On la voit comme un garde-fou parfois dérangeant mais nécessaire face au danger nationaliste, fasciste, raciste et que sais-je encore. Le fait est que le patriote, à force d’être insulté par ses ennemis, soupçonné sans cesse d’accointances avec le diable, se rebiffe. Il ne voulait que voir son drapeau flotter, sa nation prospérer et survivre, ses us et coutumes et son État respecté. Il ne faisait que commettre l’indicible crime, pour les hyperlibéraux anti-nationaux et autres gauchistes culturels, de penser au droit de sa collectivité devant le règne malsain du caprice individuel que le chartisme instaure désormais partout.

Oui, il s’extrémise.

L’ennemi

Il s’extrémise parce qu’il ressent de plus en plus la présence de l’ennemi politique. La réalité de son existence le prend aux tripes.

Dans un papier dénonçant vertement et un peu sans nuances la manifestation de la « Vague Bleue », mon par ailleurs estimé collègue chroniqueur Steve E. Fortin du Journal de Montréal disait avoir été particulièrement horrifié par le discours prononcé à Trois-Rivières par Mme. Diane Blain, qui parlait de la présence, au Québec, d’ennemis politiques. Je cite Steve E. Fortin.

Vous dire à quel point j’abhorre cette rhétorique guerrière… Des «ennemis». De tout temps je me suis fait un devoir de ne jamais qualifier mes adversaires politiques ou idéologiques «d’ennemis». C’est capital.

Si Mme. Blain a tort lorsqu’elle identifie les ennemis du Québec comme étant « les musulmans, les Juifs, les Anglais, les sikhs », elle n’a pas tort lorsqu’elle insiste sur l’importance, pour un patriote, de défendre sa patrie contre ses ennemis.

Si aujourd’hui certains membres militants des communautés arabo-musulmaness, juives, anglaises et sikhs prennent les traits de l’ennemi politique, il faut être aveugle pour ne pas comprendre qu’encore plus de petits Québécois bien blancs les prennent tout autant, et qu’ils n’hésitent pas une seconde à instrumentaliser ces communautés pour faire avancer leur agenda militant.

Le vrai ennemi, ça n’est donc pas l’étranger. Celui qu’on doit identifier sans se tromper, qu’on doit combattre vigoureusement et sans répit, c’est l’État vecteur de l’idéologie qui permet à ce militantisme d’avoir le dessus sur notre peuple, son honneur, sa fierté, sa droiture et sa légitimité. Les militants hyperlibéraux, gauchistes culturels et anti-nationaux n’ont pas de couleur de peau.

Ils sont les enfants d’un système qui les forme à réfléchir non plus en termes politiques, mais en terme de Bien et de Mal. Les patriotes québécois n’ont pas voulu la guerre. On leur a déclaré en 1982, et il y avait longtemps qu’on la préparait.

Les ennemis sont là. Ils existent, et refuser de les voir comme tels relève de l’aveuglement tout en condamnant à l’impuissance politique. Seulement, les patriotes doivent savoir les identifier clairement. Et la couleur de peau n’a strictement rien à voir avec cela. Que ce soit clair.

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