Clé télégraphique

Parce que je n’ai pas toujours 2000 mots au bout des doigts, ni toujours le temps de les écrire lorsque je les ai, je vais tester un nouveau format d’écrit pour mon blogue, que j’utiliserai pour meubler de façon – je l’espère – enrichissante les vides entre mes articles plus longs. Gardez en tête que le format des brèves appelle à une réflexion parfois plus légère que celle que je mène d’habitude. En espérant que cela vous plaise et mette un peu de vie ici dans mes périodes plus discrètes.

Vélo et auto

Deux amis publiaient récemment sur Facebook leur expérience de Montréalais par rapport au vélo en ville. Le premier, cycliste, racontait à quel point l’expérience des pistes cyclables montréalaises était non seulement désagréable, mais par moments périlleuse tant ces dernières sont achalandées par une foule bigarrée. Le second, automobiliste, se plaignait du non-respect des plus élémentaires règles de sécurité routière par les cyclistes urbains.

Mis à part qu’il est beaucoup plus socialement acceptable de critiquer le réseau de pistes cyclables que de se plaindre du comportement cavalier de certains cyclistes en ville, les deux problèmes me semblent intimement reliés et aucun des deux points de vue ne doit être balayé du revers de la main. Le réseau de pistes cyclables à Montréal n’est absolument pas adapté à l’achalandage estival et y circuler est franchement pénible à certaines heures. Le phénomène de l’embouteillage s’y observe fréquemment. On ne peut que comprendre les cyclistes excédés qui décident ensuite de se jeter au milieu de la circulation de la façon la plus étonnante qui soit, au péril de leur intégrité physique.

La solution n’est toutefois pas de blâmer l’automobile, ni d’ailleurs pour les automobiliste de blâmer les cyclistes. Au risque d’avoir l’air d’un ennuyeux bien-pensant sur cette question, je me permet d’affirmer qu’il n’y a pas de solution miraculeuse à la cohabitation vélo-auto à Montréal. Les cyclistes hors piste doivent respecter les règles de la sécurité routière. C’est une question de prévisibilité du comportement. Si les règles sont respectées aléatoirement par certains, l’insécurité qui se met à régner sur la voie publique devient une nuisance pour tous. D’autre part, les automobilistes montréalais et les banlieusards qui transitent doivent comprendre que le vélo fait partie du mode de vie quotidien d’un grand nombre de Montréalais et qu’en se sens, tous devraient militer activement pour une amélioration draconienne du réseau de pistes cyclables en ville.

La pensée politique

Léo-Paul Lauzon publiait hier au Journal de Montréal un papier qui m’a fait réagir. Je fulminais en allant me coucher suite à sa lecture. Selon lui, le PQ doit cesser d’être hypocrite et révéler son vrai visage. Il est un parti de droite et commet une imposture lorsqu’il prétend le contraire. Lauzon va plus loin : il ne faut pas permettre à ces gens de droite de faire l’indépendance du Québec.

Outre le fait que les propos de Lauzon relèvent de la grossière caricature, il convient, je crois, de mettre quelques points sur les i.

Une part non-négligeable du projet de pays est, en effet, ancré dans des idées qui sont associées à la droite : nationalisme, conservation de la culture, vision positive de l’état-nation, conception d’une citoyenneté basée aussi sur l’identité et non uniquement sur une approche civique et désincarnée, sans épaisseur historique. On doit le dire, oui, mais surtout arrêter d’en être complexés. Il n’y a rien là qui soit mal en soi, bien que notre élite mondialisée essaie chaque jour de nous le faire croire. Comme la droite poussée à l’extrême peut devenir diaboliquement tyrannique à sa manière, la gauche poussée à l’extrême comporte elle aussi, faut-il le rappeler, plus que sa part d’ombre.

Au-delà de ce sempiternel débat qui ne sert ni l’enrichissement de la vie des idées de la société, ni d’ailleurs la cause de l’autodétermination du peuple du Québec, je crois important de mentionner ceci. Réduire sa pensée politique de la façon proposée par Léo-Paul Lauzon s’inscrit complètement en faux de tout ce qu’on m’a appris depuis 30 ans sur le développement d’une pensée critique, indépendante et décloisonnée. Je constate souvent avec effroi que le genre de réflexion qu’il nous propose dans son papier est monnaie courante. De grâce, voyons cela pour ce que c’est et méfions-nous de la tentation de la facilité que nous offre le dogmatisme idéologique. Il nous titille tous de temps à autre, je ne m’exclue pas de mon propre avertissement. Il faut quand même garder à l’esprit que plus on transforme nos débats en guerres saintes, plus on s’approche intellectuellement de barbares qui se tapent entre eux avec des massues.

La courge

De grâce, de grâce, pincez-moi quelqu’un.

Martine veut un pays

Martine veut un pays! Ça tombe bien, moi aussi. Lisée aussi. Hivon aussi. Cloutier aussi, j’ose croire. Nic Payne aussi. Mathieu Bock-Côté aussi. Je soupçonne même François Legault d’en rêver encore. On veut tous un pays.

Il faudrait commencer par arrêter de dire qu’on en veut un et nous demander comment on va se sortir du marécage vaseux dans lequel nous sommes plongés. Est-ce qu’on compte sur l’histoire et ses développements surprises pour nous en tirer? Est-ce qu’on fonce en comptant sur notre volontarisme pour inspirer la population?

J’espère que lors du point de presse où, vraisemblablement, elle annoncera sa candidature à la chefferie du PQ, Martine Ouellet se gardera de n’offrir en contrepartie à Jean-François Lisée qu’une proposition de référendum hâtif. Ça aurait le double désavantage d’être suicidaire et d’éviter le problème plus profond : l’impuissance politique du Parti Québécois dans sa position actuelle par rapport à son option fondatrice et structurante. Il faut cesser de considérer qu’un engagement à tenir un référendum constitue le seul gage acceptable des convictions souverainistes des candidats. Ce dont on a besoin, avant tout, c’est de repenser en profondeur la façon par laquelle on compte réussir l’atteinte de l’objectif qu’on propose dans le cadre d’un état démocratique. Au risque de me répéter et de sonner comme une chanson d’Harmonium, certains y ont déjà pensé… Il faudrait peut-être les écouter…