Droits : The Telegraph
Quelques petites remarques, au hasard de l’actualité.

Une opposition qui n’a pas lieu d’être

Je suis agacé, depuis les attentats d’Orlando, par ce faux dilemme que nous nous imposons, à savoir de devoir choisir entre dire qu’il s’agissait d’un acte homophobe et dire qu’il s’agissait d’un acte terroriste islamiste. Ce choix n’a, à mon sens, pas lieu d’être et je me demande par quel jeu de l’esprit nous devrions nous sentir obligés de discréditer l’une ou l’autre des analyses.

L’attentat avait des visées homophobes, bien entendu. Il a été perpétré non pas dans n’importe quel bar, mais bien dans une boîte de nuit homosexuelle d’Orlando. Il s’agissait de tuer des homosexuels. Mais bien davantage que cela : cette nuit-là, les homosexuels ont été élevés en incarnation symbolique de la dépravation morale que l’islamisme politique radical voit en l’occident. Malgré tous les diagnostiques psychiatriques post-mortem qu’on voudra faire au sujet du terroriste Marteen, malgré qu’on ait découvert qu’il fréquentait ce bar, qu’il était possiblement un homosexuel lui-même et, à la lumière de l’attentat haineux qu’il a perpétré, qu’il était aux prises avec un grave problème d’acceptation de sa propre identité, l’islam politique radical aura réussi à tirer profit de la pire part de sa personne et à le motiver suffisamment pour passer à l’acte au nom de la haine qu’a Daesh des valeurs occidentales.

Tout cela est parfaitement sensé, hélas. C’est un autre aspect de notre monde qui a été attaqué au Pulse à Orlando : le droit absolu des homosexuels d’être et de vivre tels qu’ils sont, au même titre que n’importe qui, et de se rassembler entre eux.

On nous répondra qu’ils sont encore oppressés dans nos sociétés, que cet attentat n’est qu’un autre acte homophobe dans un occident malade et oppressif. Bon… Leurs luttes pour l’égalité sont-elles dépassées? J’en doute. Soyons lucides : l’homophobie et l’intolérance gratuite à leur égard existe encore chez certains esprits tordus aujourd’hui. Je suis toutefois prêt à miser un « vieux deux » sur le fait qu’à l’égard de l’acceptation de l’homosexualité, l’occident est à mille lieux en avance sur le califat qui s’est réclamé de l’attentat et que beaucoup tentent de libérer de toute responsabilité quant à l’acte atroce qui a été perpétré au Pulse.

Bernard Drainville

Je n’étais pas son plus grand fan. M. Drainville ne me rejoignait pas comme politicien, non pas qu’il était dénué de talent, non pas qu’il défendait des idées qui me soient antipathiques, bien au contraire. Il ne me touchait simplement pas. Je considère toutefois que son départ du Parti Québécois est une très lourde perte pour ce parti politique.

Drainville ne me rejoignait pas, mais il était aimé et savait parler à bien des Québécois. Il a fait un excellent travail en très peu de temps au pouvoir. Il aura été ministre 18 mois en 10 ans de vie parlementaire. C’est très peu. Il avait accepté de mener le combat de l’identité québécoise en prenant a bras le corps le dossier de la laïcité. Il convient de mentionner que ce combat est à la fois le plus essentiel du mouvement souverainiste et le plus salissant dans le contexte du 21ième siècle et de ses nouveaux tabous.

Espérons que son départ n’annonce pas le naufrage du PQ dans une aseptisation identitaire coupable et dans l’adhésion à un projet indépendantiste désincarné…

Brexit

Donald Tusk a dit, à quelques jours du référendum britannique sur la sortie de l’Europe, que la victoire des tenants du Brexit signifierait le début de la fin pour la civilisation occidentale.

Si vous voulez en savoir plus sur les discours de ceux qui militent activement contre le Brexit cette semaine, faites une recension des campagnes de peurs menées par le gouvernement canadien contre les indépendantistes québécois. Vous aurez une excellente approximation des arguments du « non » en Grande-Bretagne.

Au-delà de ce qu’est le « bon choix » pour l’Angleterre quant à son avenir dans l’Union Européenne, si tant est qu’une telle chose existe, une chose frappe : les grandes organisations politiques supranationales qui sont identitairement et culturellement désincarnés éloignent la politique des citoyens des pays qui s’y soumettent. Leur citoyenneté s’érode en même temps que la souveraineté de leur état-nation. Cela pose un grave problème pour une très grande partie d’entre eux. Devrait-on les faire taire et les discréditer parce que le mouvement traduisant leurs préoccupations sont soutenus par la droite? Aucunement. Soyons raisonnables. S’il fallait raisonner de la sorte sous prétexte que l’extrême droite est moralement condamnable, il faudrait, pour être conséquents, appliquer le même raisonnement à la gauche, dont l’extrême n’est guère mieux.

Comment se fait-il que les peuples adoptent des positions de la droite politique, se demanderont certains? Je crois qu’on devrait inverser la question. À quel moment et pourquoi la gauche s’est-elle graduellement détachée des peuples pour s’acoquiner avec les grands empires informels et devenir les alliés objectifs du rouleau compresseur mondialiste?