enter image description hereC’est reparti. Lisée est maintenant bien en selle du Parti Québécois. Son cabinet fantôme a été formé, et Véronique Hivon s’est vue confier encore une fois le rôle de grande cheffe de la convergence. Cette dernière n’a pas tardé à déclarer son ambition de voir une « coalition progressiste » se former dans Verdun. Il fallait lire la véritable intention derrière cette déclaration : demandons à Québec Solidaire (et les Verts – pas même l’Option Nationale) de converger dans Verdun. Rien de surprenant dans cet appel à la convergence « progressiste ». Lisée avait déjà lancé l’idée au mois d’août dernier, idée à laquelle j’avais d’ailleurs répondu dans les pages du Devoir en signifiant d’abord qu’une convergence électorale devrait être générée et non quémandée. Il semble que le message ne se soit pas rendu, ce qui ne m’étonne guère – après tout, qui suis-je pour prétendre conseiller l’éminent PQ. J’aimerais toutefois revenir sur la situation présente et insister sur la vacuité évidente du chemin que nous semblons prêts à emprunter au sein du Parti Québécois.

La réponse de Québec Solidaire n’a pas tardé. Elle n’a pas tardé cet été à la première énonciation du projet de convergence liséenne, et elle a encore moins tardé dans le cas présent : NON.

J’imagine fort bien – en tout cas j’espère – que l’on ne s’attendait pas à une autre réponse de la part des solidaires. Ce qu’il convient de noter cette fois-ci surtout, c’est que le Parti Québécois, avec cet appel à la convergence, a insisté sur le fait que cette dernière doive être progressiste. On va tenter de battre en brèche Québec Solidaire sur le terrain du gauchisme. Permettez-moi de me choquer.

C’est RI-DI-CULE.

À quoi diable pense-t-on au PQ en 2016? À quoi pense le chef qui s’est fait propulser à la barre du navire en allant ramasser, littéralement, Michel C. Auger à Radio-Canada sur le terrain de la défense de l’identitaire? Le PQ pense-t-il qu’en se Québec Solidarisant, il convaincra qui que ce soit de sa pertinence politique? La vertu libérale-progressiste, Québec Solidaire s’en est emparée à bras le corps et jamais un parti de pouvoir tel que le PQ ne pourra rivaliser avec la ferveur des électeurs gravitant dans le système QS. L’identité-mère du PQ s’articule autour de la défense de la nation et de l’identité, et elle culmine dans son projet d’indépendance politique nationale. Québec Solidaire croit sincèrement être ouvert à l’idée d’indépendance, mais l’examen consciencieux des principes idéologiques sur lesquels ce parti se fonde convainc qu’au-delà des paroles de ses leaders, il s’agit du revers de la même médaille que brandissent les libéraux Canadiens et Québécois, et que cette médaille, celle du libéralisme anglo-protestant, ne donne pas cher de la valeur de la nation.

J’appelle donc le PQ à prendre sérieusement garde à la dilution qui le guette. Les années 70-80-90 sont terminées, et le verrouillage du projet d’indépendance avec le progressisme n’a accouché de rien de pérenne pour la nation. Des institutions sont nées certes, mais les institutions sont friables. Les lois linguistiques existent, certes, mais la culture nationale dépasse la langue, encore plus lorsque la langue est traitée comme un « outil communicationnel » et non comme le signe d’appartenance à une grande culture dépassant les frontières et les réclames publicitaires.

S’imaginer qu’on arrivera à quoi que ce soit en visant une convergence progressiste, c’est de s’engager sur un sentier qui ne mènera nulle part ni pour le parti, ni pour la nation. Je ne suis pas certain que les militants péquistes toléreront bien longtemps la perpétuation des échecs. L’espoir que portait Lisée pour certains risque de s’estomper bien vite si l’orientation politique qu’il instille au Parti Québécois prend la direction qu’elle semble vouloir prendre.