enter image description hereC’est avec plus de 53% des voies qu’hier, au premier tour de l’élection du successeur de Tom/Thomas Mulcair à la tête du NPD, le candidat Jagmeet Singh a été élu. Loin d’être une surprise pour les orangistes fédéraux, l’élection de Singh marque toutefois une cassure importante entre le Québec et le parti de feu Jack Layton. La vague orange est bel et bien finie.

Pas que Jagmeet Singh soit incompétent ou malhonnête. Alexandre Boulerice nous apprenait, en entrevue chez Paul Arcand ce matin, qu’il était jeune, sensible, curieux et très ouvert à apprendre sur le Québec. Un vrai Justin Trudeau en puissance, plein de bonnes intentions, le turban en plus. Hélas je ne vois pas, outre la gauche métropolitaine qui s’amourache de tout ce qui la fait se sentir touriste chez elle, qui sera ici très prompt à s’enticher d’un chef de parti anglophone se couvrant la tête pour des raisons religieuses.

Est-ce à dire que le Québec est intolérant et raciste? L’élite médiatico-intellectuelle métropolitaine ne manquera certainement pas de le mentionner s’il advenait que l’orangisme ne décolle pas lors des prochaines fédérales. Il convient toutefois de mentionner que de plus en plus de groupes ethniques s’hérissent et grognent dès lors que quelqu’un n’appartenant pas à leur communauté se propose de les représenter politiquement. Pourquoi le Québec, qui est une minorité ethnique au Dominion et qui voit son statut de co-fondateur de la fédération bafoué par la doctrine d’État canadienne qu’est le multiculturalisme, devrait-il se gêner de raisonner ainsi lui aussi?

Québécois debout!

À l’aube du déclenchement de la commission sur le racisme systémique à Québec, à l’heure où Radio-Canada désigne tout ce qui questionne le sans-frontiérisme comme une dangereuse extrême droite, à l’approche des élections de 2018 où on tentera de toute part d’enterrer définitivement la question nationale sous les « vraies affaires », Québécois, redressons-nous! Que diable faudra-t-il à notre peuple pour comprendre que son désir de durer sans se diluer dans la grande bouillie individualiste anglo-protestante est légitime?

Prenons position pour les gens de chez nous, qui défendent nos intérêts, qui ne nous culpabilisent pas d’être ce que nous sommes. Souverainistes et nationalistes, arrêtons d’avoir peur que notre projet soit identifié comme un projet de survivance ethnique car c’est ce qu’il est! Il n’y a là-dedans aucune velléité génocidaire ou fasciste, simplement un souci de préserver une petite nation de l’impact dévastateur du rouleau-compresseur anglo-protestant, celui qui, lentement mais sûrement, atomise les collectivités au nom de la paix, dépolitise les citoyens au nom de la sécurité, aplatit les différences culturelles au nom du profit, bref, celui qui vous traite comme un institut psychiatrique traite celui qu’on veut « protéger de lui-même » en lui administrant de forts sédatifs.

Mais revenons à Singh. Son élection à la tête du NPD, si elle ne cadre absolument pas avec les sensibilités québécoises, est par ailleurs tout à fait sensée dans le contexte d’un Canada dont le centre de gravité est Toronto. Elle monnaiera électoralement la présence d’une « minorité visible » à la tête d’un parti aux prochaines élections fédérales et donnera peut-être un coup au déjà très multiculturel et photogénique Justin Trudeau.

Les Québécois se retrouveront donc devant un choix important pour la suite des choses. Il se pourrait alors que le Bloc Québécois constitue de nouveau une solution intéressante devant le monolithique multiculturalisme canadien. Saura-t-il se positionner de manière décomplexée? Aura-t-il le courage qu’il faut pour faire face à la diabolisation dont il sera immanquablement l’objet? Espérons-le.