Leroux

Chroniques

De l’esprit de corps

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L’hégémonie libérale, le refus de nommer les ennemis de l’émancipation du Québec, la conquête de l’anglo-protestantisme sur la gauche québécoise, le triomphe de l’indignation politiquement correcte, l’acceptation passive de l’autoritarisme violent d’une extrême-gauche névrosée, voire par moments psychotique sont des phénomènes bien présents au Québec, et il faut être un ermite aveugle et sourd pour ne pas s’en rendre compte.

Ces dérives, illustrées récemment par la mise en lumière du torchon anarcho-antifasciste Montreal Counter-Info (notez l’anglais), par la tenue d’un débat complètement déconnecté du réel au sein de Québec Solidaire en vue de la « neutralisation du genre » dans le langage, par les mentions systématiques de la nouvelle mairesse de Montréal Valérie Plante, au début de chaque assemblée municipale, que la métropole québécoise se trouverait en « territoire Mohawk non-cédé », par l’interminable braillage expiatoire de Justin Trudeau, sont loin de passer comme lettre à la poste au Québec. À raison, un renouveau nationaliste, dont les racines remontent au début des années 2000 chez la jeunesse du Parti Québécois d’alors, semble de plus en plus sortir de l’ombre et s’affirmer. Ce mouvement si on peut le nommer ainsi, composé tantôt de conservateurs, d’anti-libéraux, de républicains, de critiques du multiculturalisme, de défenseurs du fait français et de la préservation de l’identité et de l’âme québécoise franco-catholique, représente sans l’ombre d’un doute le seul vrai espoir qui reste au Québec pour contrer sa dilution totale dans la bouillie culturelle et politique gallo-ricaine. Pour empêcher, en d’autres termes, la réalisation du rêve de Durham qui consistait, rappelons-le, à civiliser les canadiens français par l’assimilation.

Ce renouveau nationaliste québécois ratisse large, et compte en réalité plusieurs factions indépendantes, parfois en compétition les unes contre les autres. Certaines, plus radicales, sont ostracisées par d’autres, plus soucieuses de conserver leur acceptabilité, et vice versa. Les plus radicales accusent les plus politiquement soucieuses de se laisser corrompre par l’ennemi idéologique en lui donnant des gages, les plus politiquement soucieuses accusent les plus radicales de nuire au mouvement en participant à sa marginalisation et à son affaiblissement stratégique.

Résultat? Le renouveau nationaliste, même s’il se développe et prend une certaine ampleur, manque dramatiquement de force de frappe politique.

Le camp opposé, celui de la dilution nationale, lui, ne souffre pas de ce problème. Il fait preuve d’un redoutable esprit de corps dans l’espace public, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ça s’entre-partage, ça manifeste, ça se tient.

Nous, car j’ose m’inclure dans cette mouvance nationaliste québécoise, malgré notre vigueur intellectuelle, semblons plus ou moins condamnés à l’impuissance politique. Le peuple québécois, pourtant, nous attend, je le sens. Nous sommes lus, malgré notre relativement faible diffusion et la relative froideur avec laquelle les médias, généralement, considèrent nos propos. Nous sommes tous accueillis avec la même unanime méfiance – voire parfois par l’antipathie – des curés de la bien-pensance contemporaine. Nous pensons non pas le Québec comme un voilier à la dérive mais comme un navire dont les commandes nous appellent. Nous parlons à un sentiment profond au Québec, celui de la fragilité à laquelle nous condamne le régime canadien et même occidental.

On nous accusera de déconsidérer la lutte contre les inégalités dans la société. Répondons : sa patrie est le dernier vêtement qui reste à l’Homme dépouillé de tout pour se vêtir. Assurer la survie de cette dernière est essentiel si l’on souhaite de soucier du reste.

Si nous voulons de notre vivant avoir un impact réel sur l’avenir politique de notre peuple, et je souhaite ardemment que ce soit notre objectif car LE TEMPS PRESSE, deux choses sont impératives.

1) Viser un élargissement considérable de la diffusion de nos idées. Nous doter d’un média, un peu comme la gauche l’a fait avec Ricochet, qui rassemblerait les différents acteurs des différentes factions du renouveau nationaliste qui désireraient y écrire en les identifiant bien et en prenant soin de les différencier les unes des autres pourrait être une option à considérer. Divers médias existent déjà (blogues, web télés, revues). Ce média devrait s’imposer comme une plateforme de référence pour les gens soucieux du devenir national. Faire seuls notre petite auto-promotion ne mènera à rien. Seuls, nous n’arriverons à rien faire à plus grande échelle et nous nous contenterons d’être des témoins de la décadence, impuissants et vociférants.

2) Avoir le courage de notre force. Je nous laisse méditer sur cet impératif-là, mais ça pourrait impliquer d’arrêter de dédaigner l’implication politique.

Sans davantage d’esprit de corps, par contre, je parie ma chemise que notre impact concret restera, hélas, négligeable.

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2 Comments

  1. Oui, l’idée d’un Québec-Presse virtuel serait la bienvenue pour les indépendantistes qui semblent avoir une boussole déréglée depuis que le pôle magnétique péquiste se soit délibérément permuté avec l’accord de sa direction mais sans égard à son effet sur la population.

    La nécessité de l’indépendance, c’est acquis depuis plus de 50 ans pour les Québécois conscientisés et politisés.

    D’ici 2018, la tâche essentielle est de redonner le goût du Québec à ces Québécois descendants de la Nouvelle-France. C’est pour assurer la survie de cette Nation que l’indépendance est nécessaire; sinon, cette lutte n’a aucun sens !

    Certains Anglo-Québécois comprennent l’importance de désigner le Québec comme phare français en Amérique, centre de la créativité et de la joie de vivre. Les enfants de la conquête de Wolfe pourront toujours déménager leurs pénates sous des cieux plus conformes à leurs aspirations…

    Mais c’est surtout les coeurs des Néo-Québécois que nous devons conquérir. Comment les amener à se joindre à la lutte pour la liberté alors qu’ils constatent tous les jours le mépris envers la langue française chez nos dirigeants provinciaux du PLQ et de la CAQ ?

    Tout comme aux États-Unis, les Hispanos se collent aux puissants blancs plutôt qu’aux Afro-Américains naturellement plus près de leur culture, de même nos immigrant.es, pourtant souvent francophones, se collent aux dominants minoritaires anglo-québécois et à leurs complices fédéralistes devant l’indifférence de notre peuple face à tant de mépris ?

    Le goût du Québec français viendra lorsque notre Nation proposera au peuple d’assumer le contrôle de ses institutions, de ses richesses et de son territoire au bénéfice de la majorité.

    Cela ne sera possible que dans un Québec-pays. Allons, debout ! Il est minuit moins cinq. Puisse le repos des Fêtes inspirer le PQ et lui rappeler que l’avenir est aux audacieux !

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